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Tag Archives: société

Quel nom pour la région Nord Pas-de-Calais Picardie ?

Lundi les élus de la région vont choisir un nouveau nom parmi trois propositions retenues à la suite de différentes consultations : Hauts-de-France, Nord-de-France ou Terres-du-Nord.

Ce choix divise et la Picardie se dit même « outragée ».

Le site France 3 Nord Pas-de-Calais pense que le nom choisi sera Hauts-de-France. Il avance des arguments étonnants. C’est le nom préféré des sondages et il aurait l’avantage de ménager le plus les susceptibilités en « ne faisant référence à aucun des anciens noms. Pas de Nord. Pas de Picardie. Pas de Pas-de-Calais ».

Curieuse ambition! Comme si le nom de la région n’était pas une marque destinée à la faire connaître et identifier clairement. Pour des motifs économiques d’abord bien avant les satisfactions de clochers! Au fait Hauts-de-France en anglais ça donne quoi ?

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La RATP censure au nom de la laïcité

On avait connu un épisode sur la crèche à propos de la laïcité, voilà que la RATP invente la censure quand il est question des chrétiens d’Orient.

La RATP, par l’intermédiaire de sa régie publicitaire, a refusé la mention « au bénéfice des chrétiens d’Orient » sur les affiches pour un concert du groupe Les Prêtres. Il s’agissait tout simplement d’indiquer que ce concert était destiné à soutenir la cause des chrétiens d’Orient par l’intermédiaire de l’association L’œuvre d’Orient qui leur vient en aide matériellement. (suite…)

Noël et le désir de croire en une gentillesse sans arrière-pensée

Dans une étude ancienne, intitulée « Le Père Noël supplicié », le grand ethnologue Claude Lévi-Strauss propose une réflexion sur les origines et le sens du Père Noël, à partir d’un fait divers de 1951 : un Père Noël brulé à Dijon.
Il y trouve l’occasion d’observer la croissance d’un rite, celui du Père Noël; d’en rechercher les causes et d’en étudier l’impact sur les autres formes de la vie religieuse; enfin d’essayer de comprendre à quelles transformations d’ensemble, à la fois mentales et sociales, se rattachent des manifestations visibles sur lesquelles l’Église ne s’est pas trompée, au moins dans la mesure où elle se bornait à leur attribuer une valeur significative.

(suite…)

Noël et la laïcité

En décembre 2013 nous avions eu l’affaire de la crèche à la gare SNCF de Villefranche-de-Rouergue. Un usager avait adressé une lettre à direction régionale de la SNCF, se disant «offusqué» de la présence de cette crèche, se plaignant «de voir un signe religieux ostensible dans un lieu public». Les agents refusèrent de démonter leur crèche, en raison d’une tradition de Noël bien établie.

En décembre 2014 il s’agit cette fois d’une crèche installée dans le Conseil Régional de Vendée, dans la mairie de Béziers et de Melun. on pourrait aussi ajouter l’interdiction du Père Noël dans une école à Montargis (Loiret), de Saint Nicolas à Marquette (Nord). (suite…)

Que devient notre rapport au temps ?

Le temps prend une place de plus en plus importante dans la vie de chacun. Mais il est souvent bien difficile de  percevoir comment cette importante s’insinue et modifie nos comportements. Quelques expressions tentent de décrire la situation. Elles reflètent plutôt une difficulté de positionnement et de compréhension: on n’a plus le temps, le temps passe plus vite et même, incantation ultime, le temps s’accélère…

D’un point de vue physique dire que le temps s’accélère n’a pas de sens. Par définition, l’accélération mesure la vitesse à laquelle la vitesse, d’un véhicule par exemple, augmente. Une voiture dont la vitesse augmente de 5 mètres par seconde chaque seconde pendant dix secondes subit une accélération de 5 m:s pendant  ces dix secondes. Une voiture dont la vitesse est constante a une accélération nulle. On comprend bien que parler de l’accélération du temps n’a pas de signification. Cela reviendrait à s’interroger sur la vitesse à laquelle la vitesse du temps change. Une journée aura toujours 24 heures. Pourtant cette expression voudrait bien traduire une perception de notre relation au temps.

La veillée qui occupait beaucoup de soirées il y a quelques décennies,  parce qu’il n’y avait guère d’autres occupations, a été remplacée par la soirée télé, la sortie au cinéma, une réunion, la lecture, le bricolage, les écrans, etc. Parfois même plusieurs de ces activités se succèdent dans la même soirée. C’est certainement ces multiples sollicitations qui nous fait dire que notre perception du temps a évolué.

Le physicien Etienne Klein résume parfaitement cette situation en écrivant dans un billet intitulé Non, le temps ne s’accélère pas : « Le succès de cette expression « le temps s’accélère » est révélateur: il en dit long, non pas sur notre époque elle-même, .mais sur le rapport que nous entretenons avec elle. (…) En réalité, nous sommes moins les victimes d’une prétendue accélération du temps que de la superposition de présents multiples qui entrent en conflit mutuel : en même temps que nous travaillons, nous répondons aux sollicitations de notre téléphone portable ou de notre ordinateur et écoutons la radio« .

Et il ajoute, fort justement : « Nous sommes tous au même endroit, mais nous n’habitons pas le même présent, nous ne sommes pas vraiment ensemble, n’avons pas le même rapport à ce qui se passe et ne faisons donc pas ‘monde commun’. Notre société abrite une entropie chrono-dispersive qui modifie l’intensité et la qualité de son lien social« .

Le temps étant toujours le même, plus nous voulons y insérer de présents multiples, plus chacun d’eux est réduit. Ce serait même devenu la caractéristique de notre société. « A notre époque les démocraties seraient devenues le règne des espaces temporels toujours plus restreints dont la nanoseconde peut être considérée comme le symbole » selon Carmen Leccardi dans son ouvrage Accélération du temps, crise du futur, crise de la politique qui parle de « nanocratie ».

La différence est d’importance. Si c’est le temps qui s’accélère, nous n’y pouvons rien, il faut subir. Si nous choisissons de vivre dans des présents multiples sans habiter le même endroit que les autres, la balle est dans le camp de chacun.

La France doit-elle ratifier la convention d’Istanbul ?

Il semblerait que le Sénat ait prévu d’examiner le 5 mai prochain le projet de loi autorisant la ratification de la Convention d’Istanbul. De quoi s’agit-il ?

Qu’est-ce que la Convention d’Istanbul ?

Le 11 mai 2011, la France signait la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique , aussi connue sous le nom de Convention d’Istanbul. Il s’agit du premier instrument juridiquement contraignant au niveau européen, offrant un cadre juridique complet pour la prévention de la violence, la protection des victimes et dans le but de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences contre les femmes. Selon la Convention, la violence à l’égard des femmes est définie, à  l’article 3, comme « toute violence faite à l’égard d’une femme parce qu’elle est une  femme ou affectant les femmes de manière disproportionnée ». (suite…)

Le référendum croate et le Conseil de l’Europe

Dimanche 1° décembre les Croates ont voté en faveur d’une révision de la Constitution visant à définir le mariage comme « l’union entre un homme et une femme ». C’est une association,  « Au nom de la famille », qui a fait circuler une pétition pour demander la tenue d’un référendum sur le sujet. Jusque-là, la constitution croate ne comportait aucune définition du mariage. Cette pétition a obtenu plus de 740 000 signatures (seulement 400 000 étaient nécessaires selon la Constitution). Le Parlement a ensuite voté pour la tenue du référendum ainsi demandé par 104 voix sur 151 députés. Le taux de participation au référendum a été proche de 38% pour 3,8 millions d’électeurs, soit environ 950 000 suffrages favorables. En vertu de la loi, les résultats du référendum sont validés quel que soit le taux de participation. (suite…)