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Intelligence avec l’ennemi

Pour répondre aux risques sécuritaires deux familles de réponses sont apparues ces derniers jours. La première porte sur l’évolution du cadre institutionnel (par exemple l’évolution de la constitution, augmentation des effectifs de sécurité), la seconde vise des aspects pratiques (par exemple l’autorisation du port d’arme par les policiers en dehors des périodes de service). Les partisans de la seconde mettent en avant la rapidité de mise en œuvre et le coût nul ou faible.

L’autorisation donnée aux policiers de porter leur arme hors service durant l’état d’urgence, mesure réclamée par beaucoup mais encore  jugée impossible au lendemain du 13 novembre devient souhaité par les autorités le 19 novembre.

La mutation du juge Trevidic, figure emblématique de la lutte antiterroriste, contraint de quitter son poste au nom d’une loi de juin 2001 (votée sous le gouvernement Jospin) qui limite à dix ans les fonctions d’un juge spécialisé alors qu’il est internationalement reconnu comme l’un des meilleurs experts de l’anti-terrorisme. Depuis le mois d’août 2015 il est Premier vice-président du TGI de Lille, ce qui constitue une promotion qu’il n’aurait pu obtenir en restant en place. Réviser cette loi pour permettre son retour au pôle antiterroriste serait une mesure qui ne coûte rien mais pourrait rapporter beaucoup. Les politiques ne semblent pas l’avoir compris. Il y a quelque chose de surréaliste à écouter le juge s’exprimer sur France2 sur la situation actuelle en se disant que désormais il s’occupe de divorces…

Le travail administratif occuperait deux tiers du temps des policiers. Alain Juppé propose de recruter des administratifs (vers 3min30 de l’entretien), ce qui est plus facile, plus rapide que recruter et former des policiers, pour les décharger de ce travail, au moins en partie, de façon à remettre les policiers sur le terrain et de mener en parallèle une réflexion sur la nécessité de maintenir cette paperasserie.

Enfin dernier exemple relevé au cours de l’émission C dans l’air du 18 novembre, énoncé par Eric Denécé (directeur du Centre français de recherche sur le renseignement). Il insiste, comme les autres invités de l’émission, sur la nécessité de désigner l’ennemi, ce qui n’est pas fait actuellement. « Désigner l’ennemi permet de réactiver des articles de nos lois qui ne sont pas utilisés… comme l’intelligence avec l’ennemi…l’ennemi est triple, c’est tout ce qui vient du salafisme, du wahabisme et des frères musulmans…sponsorisés par la Quatar, l’Arabie Saoudite et à un moindre degré par la Turquie…l’ennemi n’est pas l’islam, n’est pas les musulmans, ce sont ces trois idéologies … » (source : l’émission à partir de 1h02).

Comme ces quelques exemples le montrent des initiatives de bon sens existent pour faire évoluer la situation. Les politiques savent-ils encore faire preuve de bon sens ?

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