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La fessée et la loi

La Fondation pour l’Enfance initie une nouvelle campagne de sensibilisation pour faire réfléchir et changer des mauvaises habitudes souvent héritées de notre éducation. En particulier elle veut convaincre que claques et fessées, loin d’être des gestes anodins, peuvent avoir des conséquences néfastes sur les enfants.

Selon La Fondation, aujourd’hui, en France, 85% de parents donnent un coup pour réprimander leurs enfants et 50% estiment qu’il s’agit d’une punition « éducative ». Pour faire évoluer les mentalités, elle milite donc pour une loi prohibant les « violences éducatives ordinaires ».

Fessée ou pas ?

Légiférer ou pas contre la fessée ? se demandent certains. La question avait été abordée en 2009 : « L’Assemblée nationale étudie l’interdiction de la fessée« . Pour d’autres « laissons les parents faire preuve d’autorité » ou « Interdire la fessée, c’est déresponsabiliser les parents« .

Un district scolaire texan veut réintroduire la fessée. La Suède a fait figure de pays précurseur en légiférant dès 1979, avec un taux de décès d’enfants suédois 18% attribués à la maltraitance en 1970,  tombé à 0% aujourd’hui. Mais en 2009, une étude place la Suède en tête des pays d’Europe pour le nombre de viols.

Le Conseil de l’Europe et la fessée

En 2008, le Conseil de l’Europe lançait une campagne de sensibilisation sur le thème des châtiments corporels infligés aux enfants, appelant solennellement ses pays membres à faire voter une loi interdisant la fessée. A ce jour 32 pays dans le monde ont déjà légiféré sur ce sujet (voir la carte mondiale des pays ne fessant pas). « Levez la main contre la fessée ! », tel était le slogan de la campagne 2008.

Aujourd’hui cette action demeure incluse dans la nouvelle stratégie du Conseil de l’Europe pour la protection et la promotion des droits de l’enfant pour la période 2012-2015. Le programme « Construire une Europe pour et avec les enfants » vise à éradiquer toutes les formes de violence à l’égard des enfants. Il se fonde sur quatre principes (les 4 P): protection des enfants, prévention de la violence, poursuite des délinquants et participation des enfants.

Questions

Cette campagne pose plusieurs questions de fond.

Faut-il que la loi vienne un peu plus encore s’immiscer dans nos vies intimes, que va-t-elle encore contrôler dans nos maisons ? Fait-on confiance aux parents, à leur discernement, à leur réflexion, à leur patience et à l’amour qu’ils portent à leurs enfants ? Faut-il passer par la loi pour interdire la gifle (même si ce sondage fait apparaître 90% d’opposants). Est-ce bien à l’État (ou à l’Europe) de statuer dans ce domaine ?

Empêcher la fessée revient à empêcher les parents de fixer des limites qui deviendraient celles de la loi. Le gouvernement est plutôt silencieux sur ce sujet. Mais qui ne dit mot consent. Ce qui revient peut-être à dire que Vincent Peillon considère la fessée comme un des moyens du déterminisme familial dont il faut arracher les enfants, selon la morale laïque qu’il préconise.

Le débat autour de la fessée fonctionne aussi comme un écran de fumée : quand on en parle, on ne parle pas du reste qui mijote en arrière-boutique.

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