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Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre

Issu d’une réflexion de spécialistes des recherches sur le genre, ce rapport (nov. 2012) propose vingt orientations stratégiques[1] ; il concerne l’enseignement supérieur et la recherche en France. Objectif : offrir des pistes d’action à moyen et long terme pour donner à la recherche française sur le genre la place qu’elle mérite, tant sur la scène scientifique que dans la société[2].

Parmi ces propositions :

  • Inciter les universités à construire des licences qui comportent aux moins deux modules obligatoires sur le Genre (un ancré dans une discipline donnée et un pluridisciplinaire. (Proposition 2)
  • Introduire dans la formation des enseignant-e-s (depuis l’enseignement en maternelle jusqu’au supérieur) des enseignements obligatoires sur le genre qui donneraient lieu à des questions ou évaluations lors des épreuves de recrutement (Proposition 3).
  • Inciter les académies et les acteurs et actrices de la formation continue des enseignant-e-s à développer la formation genre en direction des enseignant-e-s de la maternelle au supérieur. (Proposition 7).
  • Développer une offre de formation continue à destination des professionnel-le-s de la société civile. Elle pourrait se traduire notamment par la création, sous l’égide du Collegium, d’une université populaire « Simone de Beauvoir », également accessible par Internet. (Proposition 8).
  • Intégrer, dès 2013 et de façon explicite, l’approche genre dans les appels de l’ANR. (Proposition 9A).
  • Généraliser l’usage d’une langue non sexiste et encourager la recherche sur ce sujet. (Proposition 19).

Le rapport souligne (page 35) que « les recherches produites peuvent être distinguées selon deux principaux axes : autour de la sexualité en lien avec les politiques de santé publique (contraception, prévention des maladies sexuellement transmissibles, éducation sexuelle, etc.) qui sont aussi des enjeux importants d’égalité entre les sexes ; autour de la liberté sexuelle et des discriminations liées à l’orientation sexuelle. Ces recherches, en partie initiées par le mouvement LGBT (qui regroupe des militant-e-s lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transgenres), ont été particulièrement importantes dans l’élaboration même du concept de genre ».
« Ces études ont permis … de mettre au jour les effets de l’hétéronormativité. Pour autant, de nombreux freins institutionnels existent, notamment du fait que « la » sexualité est encore renvoyée au domaine du privé ou faiblement reconnue comme un sujet académique légitime. De même, la frilosité académique peine à légitimer des sujets de thèses concernant les formes marchandes de la sexualité, ses mises en scène et ses performances». (page 36).

Les 13 contributeurs du rapport sont des femmes, toutes fortement impliquées dans les études de « genre ».

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